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Boujamâa Lakhdar : les gazelles de la liberté

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Feu Boujemaa LAKHDAR ,' Magicien de la Terre '

Message  Mohamed Mabrouk le Jeu 28 Avr - 6:05

L’artiste Boujemaa LAKHDAR

Le langage oublié des signes

L’artiste chercheur Boujemâa Lakhdar (1941 1989) a conquis le monde de la peinture et de la sculpture, en autodidacte, en passant par l’artisanat en marqueterie et en bijouterie. Ce créateur illuminé et visionnaire est considéré comme le doyen des peintres d'Essaouira. Par son oeuvre et son intérêt pour la culture, il reste la personnalité artistique la plus marquante. B. Lakhdar fut conservateur du Musée des Arts Populaires d'Essaouira de 1980 à 1989 date de son décès. Il faisait des recherches dans différents domaines : magie populaire, chants traditionnels, sculpture, artisanat et l'histoire de sa ville pour laquelle il vouait une passion particulière. En tant qu'artiste, il a toujours étonné par la créativité et l'originalité de son oeuvre. Dans ses sculptures, il introduisait avec soin et souplesse, des figures géométriques ciselées dans des plaques en cuivre. Il était remonté aux sources même de ce graphisme symbolique en interrogeant les livres de magie populaire. Initié aux pratiques des anciens artisans, par le biais de l'observation participante, il sut maîtriser et faire la synthèse de leur savoir ancestral dans des compositions artistiques fort savantes. C'est le cas de son insolite astrolabe musical entre autres objets ésotériques.

Pendant ces trentes années, il n'a cessé de créer. Depuis 1959, il a exposé dans plusieurs villes du Maroc, mais aussi en France, à l'occasion de la sixième Biennale de Paris. Le couronnement de sa longue carrière artistique fut en 1989 la sélection de quelques unes de ses compositions pour l'exposition universelle Intitulée "Les magiciens de la terre" au Centre Beaubourg à Paris, où il fut le seul maghrébin à participer avec grand mérite.
Chacune des toiles de Boujemaâ Lakhdar nous déconcerte par sa complexité. L’art était pour lui un rite du silence qui animait les nuits de pleine lune. Parce qu'il ne vivait pas comme les autres, parce qu'il préférait la modestie aux futilités et vanités mondaines, il eut accès au monde des signes, des lettres et des symboles. S’illuminant de la tradition orale, Il puise dans la culture arabo- berbère, juive et africaine avec ses signes énigmatiques mystiques et mythiques. Il savait en sonder les mystères et traduire leur plus secrète alchimie : « l’art est une notion qui est ambiguë, simple et complexe à la fois. Mais on peut dire que l’art est une prière énigmatique devant l’absolu, formé de signes et de symboles et qui est l’expression de la transparence magique de l’universel. J’ai essayé d’être plus clair pour expliciter cette idée de l’art que je porte en moi. C’est tout un art d’articuler les idées en soi, c’est ce que je ne sais pas faire et c’est ça le commencement de l’art. Il n’ est donc définissable que dans l’action » écrivait- il.



sur l'œuvre de Lakhdar, l'écrivain Mohamed Sijilmassi disait que «c'est un univers ambigu, magico-mystique qu'il transpose dans ses sculptures-objets, où le bois, le cuivre, l'argent, la peau, la toile, le papier s'ordonnancent avec une certaine provocation pour recevoir des signes symboles qui seront gravés, peints, incrustés ou ciselés. Cherchant délibérément ses formes dans ce réservoir inépuisable de culture arabo-berbère et africaine, il renoue avec le langage oublié des signes, des symboles et des mythes qui constituent la trame de ses œuvres. Avec aisance, il dialogue cet univers troublant mais sécurisant et le restitue dans une expression plastique personnelle qui ouvre des perspectives prometteuses.».
De son côté, Ghita Rabouli, ancienne conservatrice du Musé d’Essaouira, disait : « Rendre hommage à feu Boujemaa Lakhdar est une reconnaissance pour un militant intellectuel. Il a participé activement à la conservation et à l’inventaire du patrimoine d’Essaouira.
C’est un homme de terrain armé d’une approche scientifique inébranlable basé sur l’observation participante, ainsi il nous a procuré une documentation culturelle riche et variée qui mérite d’être publiée. ».
Lakhdar est plus qu’un nom tatoué dans la mémoire de l’espace pictural national, c’est une figure emblématique qui a su donner aux arts plastiques au Maroc un élan dont témoignent ses œuvres magiques voire ensorcelantes où l’empire des signes est maître. L’hommage est bien plus que mérité, donc, car Lakhdar, malgré sa disparition prématuré , reste et restera un artiste bien singulier hanté par une envie de faire rejaillir le culte du signe.
MAROC CULTUREL

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Re: Boujamâa Lakhdar : les gazelles de la liberté

Message  Oum le Jeu 28 Avr - 3:41

... Suite et fin.

Il faut rappeler à ce propos qu’au début e l’école secondaire, il avait réalisé dans l’atmosphère fiévreuse de l’Indépendance nationale retrouvée, sa première grande œuvre de peinture : un portrait immense du Souverain fondateur de la ville, Sidi Mohamed Ben Abdellah, fait dans le style ingénu d’un copiste à partir d’un célèbre modèle du genre. Or, lorsqu’un peu plus tard, il devait manipuler avec une plus grande aisance la plume, la toile et le chevalet, il ne cesse de s’exercer dans le paysage alentour de la ville, où tel de ses sites est traité avec de gauches attentions amoureuses. Suivant jusqu’aux environs de la trentaine une longue période de maturation où la peinture paraît le soustraire à toute autre mode d’expression ou d’existence, même si la poésie, la science ou la philosophie ne cessent de l’attirer. Pour sa famille comme pour l’entourage social, préoccupés par le quotidien et fascinés par les modèles de réussite sociale, il ne peut être perçu que négativement comme un homme frappé par une malédiction. Il lit énormément, puisant à toutes les sources, parfois au hasard des rencontres. Il lit en plus des classiques et des romantiques, les auteurs occidentaux à la mode (Camus, Sartre…), et entame, cigarettes au bec, de curieuses et d’interminables discussion philosophiques en arpentant avec quelques amis l’artère principale de la médina ou le boulevard front de mer… C’est l’époque passionnée des amitiés où il décide sur un coup de tête incroyable de tout laisser tomber : études, travail et le reste pour s’adonner à des recherches personnelles et à la peinture. Certaines figures semblent le marquer profondément, des artistes, des musiciens ou des philosophes tels Van Gogh, Beethoven, Nietzche, en plus des scientifiques Einstein, Bohr… Et ayant très jeune pu participer à un Salon d’Hiver à Marrakech, il ne fait sa première exposition personnelle qu’au milieu des années 60 au Club de Mogador. C’et un succès ; mais l’admiration qui lui est témoignée n’est pas à la mesure de ses ambitions. Et au lieu de brader ses œuvres à un public incroyablement inculte ou indifférent, il préfère en faire simplement don à ceux qui semblent apprécier ou aimer ce qu’il fait.
Il souffre de plus en plus d’une difficulté d’ordre matériel, mais fier, pudique et modeste, il sait se contenter de peu. Profondément conscient de saz valeur et confiant en son génie potentiel, il travaille d’arrache-pied à une maîtrise picturale qui n’allait plus tarder, explorant toutes les techniques de la peinture classique, du portrait au paysage et à la nature morte, comme il explore les voies de la sensibilité impressionnistes ou celle de l’abstrait. Il ne réussit cependant pas mais s’y est il déjà réellement attaché ? A être admis dans le cercle privilégié des grands peintres établis à Rabat ou à Casablanca, où les brillantes galeries de ces métropoles… Au demeurant, il reste très attaché au fond à l’esprit du bercail, à son père qu’il voit vieillir, et à sa mère.
Après avoir tenté, sans succès, de vivre à Rabat, il décide de rentrer à Essaouira. C’est la période où il transforme le petit rez-de-chaussée familial, sis 18, impasse Ahmed Baba Soudani, en atelier et galerie personnels d’exposition : c’est un lieu de rencontre pour de nombreux amis et visiteurs de tout âge, sexe et nationalité. Les enfants du quartier ont droit à de véritables cours d’initiation ou de soutien dans diverses disciplines et notamment en peinture ; c’est l’époque où il rencontre hajjouba Moummad, sa compagne qu’il appelle Halima (Clémente)…
A cette époque, il est sollicité par jacques Deffert à une exposition collective de peinture au Centre culturel Espagnol à Fès. Ses œuvres figurent alors avec celles de Issaakene, Houssein Miloudi auprès des signes et symboles de l’univers ésotérique du fameux peintre Mahjoub de Fès : Abdellah Griyu. Selon Jacques Deffert, il s’agit là d’un groupe qui avait beaucoup d’affinité et de sensibilité commune par rapport au fond sémio-symbolique traditionnel. A l’époque, Boujamâa Lakhdar avait fait le choix de faire sa voie en puisant dans la tradition locale des arts et métiers de cette ville natale dont l’amour le reprend à nouveau. Il en gage des rapports de plus en plus approfondis avec les anciens maîtres artisans, bijoutiers, marqueteurs comme avec les grandes confréries populaires jadis décriées par le jeune adolescent : surtout mais également Gnaoua. Il se plaisait au titre de maâllem en référence aux maîtres de l’art en matière de tradition locale et c’est à ce titre qu’utilisera Jean-françois Clement dans un article important consacré à Boujamâa Lakhdar, repris dans l’ouvrage intitulé Dieu, l’islam et les Images (1994). A l’époque, Lakhdar devait trouver une réponse satisfaisante à la question de savoir ce que doit être une peinture ou un art plastique dans le Maroc d’aujourd’hui.
C’est là en fait un problème esthétique qui a pour lui une dimension essentiellement sociologique et historique, en rapport avec la question de l’acculturation à l’Occident posée à la fin des années 60 par le groupe de la revue Souffles. La question technique qui était posée à notre peinture était de faire un sort à la peinture de chevalet et son mode d’expression étriquée. Il semble que Lakhdar étouffait visiblement dans les tableaux à deux dimensions et qu’il était fasciné par d’autres modes d’expression en rapport avec l’approche, très sensuelle, fortement exprimée auparavant dans ses bas-reliefs et ses essais de sculpture qu’il avait du corps humain notamment, mais aussi des objet divers comme les plantes ou les animaux. D’où cette dimension profondément mystique qui ne tardait pas à marquer toute son œuvre depuis lors. En devenant conservateur du nouveau Musée Sidi Mohamed Ben Abdellah en 1980, il s’engage à fond dans la problématique des arts et traditions populaires de la province, et c’est pour lui l’occasion d’approfondir d’avantage le procès de sa démarche initiale. C’est désormais la période très riche où il s’investit de plus en plus au niveau de son art dans des œuvres saisissantes par leur profonde originalité ainsi que par le sens élaboré d’une riche créativité. Celle-ci sont inspirées de manière directe du fonds constitué par le patrimoine local. Lakhdar use notamment des signes cabalistiques en rapport avec la magie ou l’arithmologie musulmane, n’hésitant pas à étudier avec beaucoup de sérieux les livres « jaunes » et la talismanique. C’est ainsi qu’il use de toute une symbolique où l’aigle, le serpent ou la tortue prennent des configurations symbiotiques absolument étonnantes. Il réalise ainsi des œuvres où transparaît la dimension mystique, imaginaire ou mythologique. Omar Al Hachmaoui parle de cette perspective de recherche plastique où Boujamâa Lakhdar se propose de « mettre à nu nos fantasmes et nos obsessions ».Les travaux présentés à l’exposition réunie sur le thème « les magiciens de la terre » au Centre Georges Pompidou n’ont pas manqué de susciter un intérêt considérable de la part de nombreux visiteurs. Jean-François Clement évoquant notamment le thème de l’œil à travers son œuvre, ses tableaux amulettes et ses meubles fantômes, y voit deux réponses aux problèmes du mal « transfiguré en sérénité ou en harmonie » ajoutant que « si l’art permet de projeter ses angoisses, c’est aussi qu’il permet cathartiquement la liberté ».
Ainsi comme disait Boujamâa Lakhdar « Les gazalles de sa pensée pouvaient petre totalement libérées ».
Au 10 novembre 1989, Boujamâa Lakhadar, profondément atteint et après de longues souffrances solitaires, allait lui-même êtretotalement libéré du mal qui ne cessait de le ronger depuis plusieurs mois, sans pouvoir atteindre son amour et sa prière, son art, son œuvre ainsi à jamais vouées à l’absolu.

Abdelghani Maghnia


Oum

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Boujamâa Lakhdar : les gazelles de la liberté

Message  Oum le Mer 27 Avr - 8:34



Boujamâa Lakhdar était venu très jeune à la peinture.
Enfant, fasciné par la couleur. L’univers coloré qui, sa vie durant, allait l’habiter, s’offrait déjà, semble-t-il, aux yeux émerveillé de l’enfant jouant sur le bord de l’océan. Il jouait avec des bouts de cuir polychromes, déchets magiques déversés là entre le sable et les rochers par les soins des ateliers d’une célèbre tannerie moderne de la ville. L’image est celle d’un bambin issu d’une famille des plus modestes mais son père, un homme de piété, a un sens élevé de l’honneur qui devait marquer pour la vie le jeune Boujamâa. C’était l’époque du protectorat vers le début des années 40… au secret des alizés, parmi les bruits sourds des vagues qui venaient s’abattre sur les rochers, dans l’atmosphère des cris de mouettes qui rôdaient près des pêcheurs, des badauds et des laveuses de laine qui, à l’occasion venaient célébrer là des rites mystérieux d’une époque immémoriale. C’est là que devait se réaliser, par l’effet d’une alchimie tout locale, l’initiation majeure du jeune Boujamâa à la magie de la couleur. Un peu plus tard, jeune adolescent, il a le loisir de se trouver un nom de famille pour les services de l’Etat Civil nouvellement établi : Lakhdar (le vert).
Par rapport ç cette école de base, toutes les autres, nombreuses qu’il devaient fréquenter plus tard, n’allaient être pour lui que de simples écoles buissonnières : l’Ecole Musulmane de Garçons qui deviendra le Cours Complémentaire de Mogador, l’Ecole, industrielle ou le Lycée Lyautey de Casablanca, l’Ecole Marocaine d’Agriculture de Meknès ou la Faculté des Sciences à rabat… Avant et après son bac en deux parties, Lakhdar dont la soif de connaissance était insatiable, ne pouvait noyer les multiples déceptions quotidiennes que dans de profondes méditations devant l’océan ou dans la mer infinie des constellations ; il s’enticha avec le début de l’ère de la conquête spatiale de cosmographie fasciné par les distances en années lumières qui nous séparent des lointaines galaxies.
A l’époque, la peinture n’était pour lui qu’un exutoire ou un violon d’Ingres parmi d’autres, les Maths, la Philo ou la Psychanalyse et il a du se sacrifier après le BEPC une belle carrière de topographie. Il traverse au début des années 60 une profonde métaphysique marquée par une inquiétude du Divin, de la liberté, de la paix mondiale, de la justice sociale, ou du sort de l’humanité à l’ère atomique. Comme la plupart des adolescents de l’époque, il ne pouvait avoir que des idylles platonique et n’eut alors qu’une seule passion véritable. Cette étonnante et incroyable passion avait pour nom Essaouira, sa ville natale.
A. Maghnia
A suivre…


Oum

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Re: Boujamâa Lakhdar : les gazelles de la liberté

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